Les choix qui m’ont façonnée

Sandra Levesque, coach chez Évolusens, souriante et confiante, symbole des choix qui l’ont façonnée

Les choix qui m’ont façonnée

Quand je regarde mon parcours aujourd’hui, il y a des décisions que je comprends mieux qu’au moment où je les ai prises.

Il y a celles que j’ai prises avec mon cœur. D’autres avec ma tête. Certaines par peur. Et d’autres simplement parce qu’une petite voix me disait : « Vas-y! »

Et il y a celles où, clairement, mes saboteurs avaient les deux mains sur le volant.

Sur le moment, je pensais simplement faire des choix. Je ne réalisais pas toujours ce qui les influençait.

Aujourd’hui, je vois le fil qui les relie et, quand je le remonte, je retrouve une petite fille de 10 ans qui voulait simplement jouer au hockey.

À 10 ans, je ne me demandais pas si j’avais ma place

Il n’y avait pas d’équipe féminine de hockey chez moi, en Gaspésie.

Petit détail : moi, je voulais jouer.

J’ai attendu deux ans. Mes parents m’ont même inscrite au patinage artistique pendant un an. J’ai appris à patiner. J’ai obtenu mes écussons.

Mais pour vrai?

Je ne voulais pas faire des stépettes. 

Je voulais du contact. Jouer en équipe. Être dans l’action.

Après avoir cogné à plusieurs portes, j’ai finalement été acceptée chez les Atomes Cougars.

La seule fille de l’équipe.

J’avais un équipement usagé, des patins cassés et une queue de cheval qui dépassait de mon casque.

Après une de mes premières pratiques, mon père m’a lancé une phrase que je n’ai jamais oubliée :

« Ah! C’est le métier qui rentre. » 

Et le métier est rentré.

J’étais défenseure. Les gars des autres équipes hésitaient parfois à me plaquer parce que j’étais une fille. Moi, je n’hésitais pas. 😂

Quand je repense à cette époque, ce qui me frappe, ce n’est pas que j’étais la seule fille.

C’est que je savais que j’étais différente… mais je ne voyais pas cette différence comme une raison de ne pas être là.

Je voulais jouer. Alors je jouais.

Pas de grandes remises en question. Pas besoin de prouver que je méritais ma place.

C’est drôle comme les choses peuvent changer en grandissant…

Coupure de journal : Sandra Lévesque, 10 ans, seule fille de l’équipe de hockey des Atomes Cougars à Sainte-Anne-des-Monts

Puis j’ai appris à avoir peur de me tromper

Quelques années plus tard, mes décisions se sont compliquées.

J’avais commencé un DEC en design industriel… que j’ai abandonné à la dernière session.

Et avant de choisir mon deuxième DEC, une chose était claire : je ne voulais surtout pas me tromper une deuxième fois.

Alors je me suis posé une question :

« Qu’est-ce que je devrais faire dans la vie qui va mettre du pain et du beurre sur la table? »

Ma réponse? L’informatique.

Aujourd’hui, avec mon regard de coach, cette question me fascine. J’ai obtenu une excellente réponse… à la question que j’avais posée.

Je ne m’étais pas demandé :

« Qu’est-ce que j’aime? »

« Qu’est-ce qui me ressemble? »

« Qu’est-ce qui me ferait vibrer? »

Non.

Je voulais savoir ce que je devrais faire pour assurer ma sécurité. Et ma tête m’a donné une réponse parfaitement logique.

J’ai terminé mon DEC en informatique en 1996.

Il y avait beaucoup de programmation. Ce n’était pas ma force, et je n’ai jamais travaillé comme programmeuse. Mais j’avais déjà abandonné un DEC. Celui-là?

Ma tête de cochon avait décidé qu’on allait jusqu’au bout. 😆

Et ça a été payant. J’ai bâti une carrière dans laquelle je suis devenue compétente et reconnue.

Mais il y a quelque chose que je trouve intéressant avec le recul.

J’avais choisi un domaine pour me sentir en sécurité. Pourtant, même en devenant compétente, je n’arrivais pas toujours à me sentir à la hauteur.

Être bonne… et avoir quand même besoin de le prouver

Je travaillais en informatique, un milieu principalement masculin.

Une fois que les gens me voyaient travailler, ça allait.

Je devenais rapidement une référence.

 

Le problème, c’était avant.

Avant qu’ils sachent ce que je pouvais faire, j’avais énormément de difficulté à me vendre.

Je me trouvais moins bonne que les autres. Alors, j’en faisais plus.

Je travaillais comme si la compagnie m’appartenait. J’en donnais souvent beaucoup plus que ce qu’on me demandait. Et tranquillement, tout le monde avait besoin de moi.

 

J’étais devenue une référence pour les autres, mais j’avais encore besoin de me prouver ma propre valeur.

 

Et quand je repense à la petite fille qui jouait au hockey avec les gars, je trouve le contraste assez frappant. 

À 10 ans, je savais que j’étais différente, mais ça ne m’empêchait pas de prendre ma place.

Adulte, j’avais les compétences, l’expérience et la reconnaissance… mais je doutais encore.

 

Quelque part en chemin, j’étais passée de « je veux le faire » à « je dois prouver que je suis capable de le faire ».

 

Les questions avaient changé. Et je ne m’en rendais même pas compte.

Certains rêves acceptent d’attendre

Après mes deux DEC, j’avais environ 22 000 $ de dettes. Et même si j’avais envie de poursuivre mes études à l’université, disons que ce n’était pas vraiment le moment idéal. 😆

Alors, j’ai commencé à travailler.

Les années ont passé. J’ai bâti ma carrière, ma vie a évolué… mais cette envie d’aller à l’université ne m’a jamais complètement quittée.

J’ai finalement décidé d’y retourner.

Pas pour recommencer ma vie professionnelle. Simplement parce que c’était quelque chose que je voulais accomplir. J’ai entrepris un baccalauréat multidisciplinaire par cumul de certificats. Ça m’a pris environ dix ans pour le terminer.

 

En 2020, j’ai enfin obtenu mon diplôme.

Dix ans de cours du soir, de cours hybride. En présence, à distance. 

Je l’ai regardé longtemps, ce diplôme! 

 

Il y a des décisions qu’on prend sur un coup de tête. D’autres qu’on prend après des semaines de réflexion. Et il y a celles qu’on laisse mûrir pendant des années.

Ce rêve-là a traversé une bonne partie de ma vie en attendant son moment.

Cette expérience me rappelle encore aujourd’hui une chose :

« Pas maintenant » ne veut pas nécessairement dire « jamais ».

Et parfois, on commence sans connaître la destination

Il y a aussi eu le karaté. Ma fille suivait des cours et moi, j’attendais sur le banc.

À un moment donné, je me suis dit : « Tant qu’à être ici, pourquoi je ne le ferais pas moi aussi? » C’est tout.

Pas de grand objectif. Pas de plan sur dix ans.

Et certainement pas l’ambition de devenir ceinture noire 2e dan!

Je voulais simplement arrêter d’attendre sur le banc.

Alors, j’ai commencé.

Un cours. Puis un autre. Puis encore un autre.

Et quelques années plus tard, je suis devenue Nidan.

Quand j’y repense, je trouve ça assez drôle. Moi qui avais si peur de prendre une mauvaise décision, je m’étais lancée dans quelque chose sans savoir où ça me mènerait.

 

Et si j’avais attendu de savoir exactement où j’allais, peut-être que je serais encore assise sur ce banc!

 

Cette expérience me rappelle encore aujourd’hui une chose :

Tu n’as pas toujours besoin de connaître la destination pour faire le premier pas.

Quand je décide dans ma grotte

Autre trait que j’ai appris à reconnaître chez moi : devant une grosse décision, je me retire dans ma grotte. 

Je réfléchis. J’analyse. Je pèse le pour et le contre.

Et quand ma décision est prise…

Tasse-toi. 😆

 

J’ai même réussi à me marier sans le dire à ma famille.

Oui oui. Et pas juste pendant quelques jours!

 

À l’époque, ce mariage était lié à une question de citoyenneté. J’avais réfléchi à ma décision et je n’avais aucune envie de passer à travers une avalanche de :

« Oui, mais as-tu pensé à ça? »

« Pis ça? »

« Es-tu certaine? »

Je voulais prendre ma décision dans le calme, régler ce qu’on avait à régler et l’annoncer ensuite. On l’a annoncé… un an plus tard. 😆

 

Aujourd’hui, je ne suis plus avec cette personne et ma vie est ailleurs.

Mais quand je repense à cette décision, je ne me dis pas automatiquement : « Quelle erreur! » Elle avait du sens pour la Sandra que j’étais à ce moment-là, avec les informations et la réalité que j’avais.

Et c’est quelque chose que j’ai appris avec le temps.

On est parfois très sévère avec nos anciennes décisions, parce qu’on les juge avec tout ce qu’on sait aujourd’hui. Mais la personne qu’on était à l’époque ne savait pas tout ce qu’on sait maintenant.

Et ça change notre façon de les regarder.

On est parfois très sévère avec nos anciennes décisions, parce qu’on les juge avec tout ce qu’on sait aujourd’hui.

Puis j’ai encore changé de chemin

Après plusieurs années comme employée en informatique, une occasion de consultation s’est présentée. Encore une fois, je ne savais pas exactement dans quoi je m’embarquais.

J’ai quitté la stabilité d’un emploi. Je me suis incorporée.

Et je suis devenue consultante.

Cette expérience m’a permis de reconnaître davantage ma valeur professionnelle.

Mais elle m’a aussi fait réaliser quelque chose.

Il me manquait l’humain.

J’avais longtemps rêvé de gérer une grosse équipe.

Et quand j’y repense aujourd’hui, je réalise que lorsque je gérais des gens, je les coachais probablement plus que je les gérais.

Ce que j’aimais, ce n’était pas seulement résoudre des problèmes ou atteindre des objectifs.

C’était aussi accompagner les gens, les voir évoluer et les aider à trouver leurs propres solutions.

Quand j’ai découvert le coaching, quelque chose a cliqué.

Je pouvais faire ce que j’aimais sans avoir une équipe sous ma responsabilité.

Et tranquillement, un autre chemin a commencé à se dessiner.

Reconnaître mes saboteurs intérieurs… et voir qui conduisait

Je suis devenue coach en 2020. J’ai fait de la PNL et j’ai découvert encore davantage l’importance de nos valeurs, de nos croyances et de nos mécanismes inconscients.

Mais surtout, j’ai commencé à regarder mon propre parcours autrement.

J’ai mieux compris pourquoi certains environnements professionnels avaient été si difficiles pour moi.

Et j’ai commencé à reconnaître certains patterns qui revenaient dans ma vie.

Le perfectionnisme. La comparaison. Le confort. La procrastination devant quelque chose qui me faisait peur.

Des comportements que je connaissais bien, mais dont je ne comprenais pas toujours les mécanismes. 

Petit à petit, j’ai commencé à donner une forme plus concrète à ce que j’appelle aujourd’hui mes saboteurs. Et non, ils n’ont pas disparu. 😆

Encore aujourd’hui, il m’arrive de me comparer, d’avoir peur, de procrastiner ou d’avoir envie de retourner vers quelque chose de plus sécurisant.

La différence? Je les reconnais beaucoup plus vite quand ils essaient de prendre le volant.

Et ça me permet de me poser une question que je ne me posais pas toujours avant.

Qui décide en ce moment : moi ou un de mes saboteurs?

Janvier 2024 : décider malgré la peur, sans garanties

J’ai pris une décision qui aurait probablement terrorisé certaines versions précédentes de moi. Ne plus reprendre de contrats en informatique. Me consacrer au coaching à temps plein. 

Sans filet. Sans garantie que ça fonctionne. Et sans avoir éliminé mes peurs. 

Parce que oui, la sécurité financière influence encore mes pensées.

Et mes vieilles pantoufles de l’informatique m’appellent encore de temps en temps. 😆 

Mais cette fois, quelque chose était différent. Je savais que j’avais peur. Mais je savais aussi ce que je voulais. Et je ne voulais plus laisser mon besoin de sécurité décider systématiquement à ma place.

Cette fois, je ne cherchais pas seulement à faire le choix le plus sécurisant. Je cherchais à faire celui qui me ressemblait le plus.

Aujourd’hui, je ne me contente plus de savoir si j’ai peur. J’essaie de comprendre qui est en train de choisir.

Est-ce moi?

Une croyance?

La peur de manquer?

Mon besoin de sécurité?

Mon intuition?

Parce qu’il y a une différence énorme entre ressentir une peur… et lui donner le volant.

Toutes ces versions de moi

Quand je regarde toutes ces versions de Sandra, je ne vois pas une femme qui a toujours fait les bons choix. Et heureusement. Quelle histoire plate ce serait! 😂

Je vois une petite fille qui voulait jouer au hockey sans se demander si elle avait sa place. Une jeune femme qui cherchait la sécurité. Une employée qui en faisait trop pour prouver sa valeur. Une entrepreneure qui s’est lancée sans savoir où ça la mènerait. Et une coach qui apprend encore à reconnaître ce qui influence ses décisions. 

Pendant longtemps, j’ai cherché la bonne façon de faire.

Aujourd’hui, je cherche davantage ma façon de faire.

Et peut-être que c’est ça, évoluer. Pas devenir une version parfaite de soi. Pas éliminer toutes ses peurs. Pas faire disparaître ses saboteurs.

Mais se connaître assez pour s’arrêter et se demander :

« Est-ce que c’est vraiment moi qui choisis en ce moment? »

On n’est pas responsable de toutes les croyances et de tous les mécanismes qu’on a développés au fil de notre histoire. Mais une fois qu’on les voit, on peut choisir ce qu’on en fait. 

Et si la direction que tu as prise ne te ressemble plus? Tu as encore le droit de changer de chemin.

Reprendre le volant saboteurs interieurs

Tu n’as pas besoin d’avoir toute la route devant toi pour reprendre le volant.

Et toi, qui tient le volant en ce moment? Si tu sens que c’est le temps d’y voir plus clair, je t’offre 30 minutes pour en jaser, sans pression. → Réserver un appel

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